05 May

Ce qu'on ne nomme pas, on ne peut pas le changer.


Pendant des années, le débat sur la monoparentalité a eu un visage. Féminin. Légitime, nécessaire, urgent les chiffres le confirment : 82 à 85 % des familles monoparentales sont portées par des femmes. Mais à force de ne parler que d'un côté, on a laissé se creuser un silence de l'autre. Un silence lourd. Un silence qui coûte aux pères, aux enfants, et finalement à tout le monde. 

C'est ce silence que le colloque sur la monoparentalité au masculin, annoncé pour septembre 2026, vient briser.


Ce que les chiffres ne disent pas

Les statistiques parlent de gardes, de pensions, de résidences. Elles ne parlent pas de ce père qui voit ses enfants un week-end sur deux et porte en silence le sentiment d'avoir été effacé de leur quotidien. Elles ne parlent pas de cet homme saisit sur salaire à 600 € par mois, incapable de faire la distinction entre ne pas vouloir payer et ne pas pouvoir. Elles ne parlent pas de ces adolescents qui s'éloignent, et de ces pères qui ne savent plus comment maintenir le lien. 

Ces réalités existent. Elles ne sont simplement pas nommées.


Un système qui marginalise sans le dire

Le système judiciaire n'a pas été conçu pour exclure les pères. Mais dans les faits, il favorise structurellement la garde maternelle, réduit souvent la place du père à une obligation financière, et ne prévoit aucun accompagnement pour ceux qui vivent une rupture du lien parental.

Résultat : des pères dans une "zone grise" pour reprendre le concept de Kem Asani sans case, sans mesure, sans récit qui les concerne.


Pourquoi maintenant

Le Sommet Europe de la Maman Solo du 2 mai 2026 a été un tournant. Pour la première fois dans cet espace militant, une voix masculine s'est levée non pas pour contester, non pas pour concurrencer, mais pour compléter. Kem Asani a nommé ce que beaucoup ressentaient sans pouvoir le formuler. Et la salle a écouté. Ce moment a révélé une demande réelle. Celle d'un espace dédié, bienLe système judiciaire n'a pas été conçu pour exclure les pères. Mais dans les faits, il favorise structurellement la garde maternelle, réduit souvent la place du père à une obligation financière, et ne prévoit aucun accompagnement pour ceux qui vivent une rupture du lien parental.Résultat : des pères dans une "zone grise" — pour reprendre le concept de Kem Asani — sans case, sans mesure, sans récit qui les concerne.veillant, rigoureux où la monoparentalité au masculin puisse être examinée dans toute sa complexité, sans jugement, sans hiérarchie des souffrances.


Ce que le colloque doit accomplir

Il ne s'agit pas de créer un contre-mouvement. Il s'agit d'élargir la conversation. Un colloque sur la monoparentalité masculine doit permettre de nommer les réalités spécifiques des pères solos et des pères en zone grise, d'interroger les mécanismes judiciaires et institutionnels qui les marginalisent, de construire des outils concrets juridiques, psychologiques, sociaux adaptés à leurs besoins, et d'ouvrir le dialogue intergénérationnel sur ce que vivent les enfants de ces familles invisibles. Parce que derrière chaque père silencié, il y a un enfant qui cherche ses deux parents.


La silenciation n'est pas une fatalité

Amina Nsenga Lutumba Ndoy a forgé ce mot pour les mères solos. Kem Asani se l'est approprié pour les pères. Et c'est peut-être là le signe le plus fort : quand le vocabulaire d'un combat sert à nommer un autre combat, c'est que les deux combats parlent du même système. Un système qui a appris à rendre les gens invisibles. Séparément. Efficacement. Le colloque de septembre 2026 est une réponse à ce système. Pas un cri de colère. Une exigence de reconnaissance.


Parce que comprendre la monoparentalité dans toutes ses formes, c'est comprendre dans quel monde on vit vraiment.

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