30 Sep
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Les pères en situation de monoparentalité restent minoritaires dans les statistiques. Ils représentent pourtant une réalité familiale bien présente, que les données disponibles ne permettent pas toujours de saisir entièrement.

Belgique Bruxelles : monoparentalité et sous-visibilité des pères

Selon l’IBSA (Focus n°74, juillet 2025, données au 1er janvier 2024), les femmes sont à la tête de 87 % des ménages monoparentaux bruxellois comptant au moins un enfant de moins de 25 ans.

L’Institut souligne que cette prépondérance féminine est probablement surestimée, les données administratives fondées sur le domicile légal ne permettant pas de prendre en compte la coparentalité. Il nuance toutefois ce constat : selon l’enquête EU-SILC 2021 citée par l’IBSA, deux tiers des enfants bruxellois de moins de 18 ans dont les parents sont séparés vivent majoritairement ou totalement chez leur mère. La monoparentalité demeure donc un phénomène genré.

Le Focus met également en lumière une réalité moins visible : 89 % des parents vivant seuls dont l’enfant de moins de 25 ans est domicilié dans un ménage monoparental sont des hommes. Une partie de ces pères conserve probablement un rôle parental, mais les données disponibles ne permettent aujourd’hui ni de le vérifier, ni d’en mesurer l’ampleur.

Ces limites statistiques invitent donc à regarder au-delà du seul domicile administratif pour mieux appréhender la réalité de la parentalité après une séparation.

En France près d’une famille monoparentale sur cinq portée par un père

En France (hors Mayotte), le tableau de l’INSEE « Familles avec enfants de moins de 18 ans » (recensement de la population 2023) recense 1 997 000 familles monoparentales avec au moins un enfant mineur. Parmi elles, 370 000 sont composées d’un père avec son ou ses enfants, soit 18,5 % des familles monoparentales avec enfants mineurs.

Du côté des enfants, l’Insee Première n°2032, publié en janvier 2025 à partir des données 2023, estime qu’environ 540 000 enfants mineurs vivent avec leur père en famille monoparentale. Ils représentent 3,9 % de l’ensemble des enfants mineurs.

Ces chiffres permettent de mesurer une réalité parfois moins présente dans les représentations de la monoparentalité : celle de centaines de milliers de pères à la tête d’un foyer monoparental et de plus d’un demi-million d’enfants vivant avec leur père.

En France comme en Belgique, ces données invitent à distinguer la situation résidentielle mesurée par la statistique de l’exercice plus large de la parentalité après une séparation, notamment lorsque les enfants circulent entre deux foyers.

Moins nombreux dans les statistiques ne signifie pas moins concernés.

Reconnaître pleinement la monoparentalité implique aussi de mieux documenter, comprendre et rendre visibles les réalités vécues par les pères et leurs enfants.

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